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Une nouvelle ère pour la radiodiffusion publique et le bien commun
GCM  •   26 mars 2012

Lorsque j’étais jeune, je regardais à tous les soirs, en compagnie de ma famille, les actualités à la CBC. Je me souviens des conversations au cours desquelles nous cherchions à comprendre le sens profond des événements. Je me souviens, surtout lors de crises nationales, du sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand que moi.

Je ne suis pas le seul. Radio-Canada garde les différentes régions du pays reliées entre elles. Tout comme le chemin de fer unifie le pays, Radio-Canada agit comme un trait d’union entre tous les Canadiens qui vivent dans ce grand pays diversifié. En ces temps où le monde change à vue d’oeil, de plus en plus de Canadiens se rassemblent pour parler de l’avenir de Radio-Canada.

Ce qui ressort de cette conversation est la reconnaissance que la radiodiffusion publique est un bien commun. Les études démontrent que les pays, qui financent suffisamment leur radiodiffuseur public, sont peuplés de citoyens bien informés, ce qui est un des ingrédients d’une démocratie en santé. Radio-Canada accorde un appui essentiel au domaine des arts et de la culture. Ce secteur d’activité génère des retombées économiques de 85 milliards de dollars. Mais ces retombées sont secondaires à l’importance de la santé et au bien-être de notre société. De plus, Radio-Canada s’impose de plus en plus comme un chef de file dans le domaine de l’économie numérique, un secteur en pleine croissance.

Un radiodiffuseur public peut, avec les ressources nécessaires, exceller dans des domaines où le secteur privé n’y trouve pas son compte. Il n’est pas possible de mettre une valeur marchande sur une population bien informée ou sur un secteur culturel dynamique. Vous n’êtes pas en position de produire de la bonne programmation locale pour les Canadiens lorsque votre raisonnement est de diffuser du contenu à prix modique au plus grand nombre de gens possible. Tout comme l’Internet a été inventé et mis sur pied avec des deniers publics, notre radiodiffuseur public peut faire naître des innovations de pointe qui exploiteront les technologies numériques qui changeront notre façon de comprendre le monde et notre façon d’y participer.

Les radiodiffuseurs publics sont importants et ils sont redevables aux citoyens qui les financent. C’est pour cette raison que Al’action.ca et OpenMedia, deux des plus importantes organisations citoyennes, travaillent de concert à un nouveau projet appelé, RéinventonsSRC. Le but de ce projet est de lancer un débat national sur le rôle du radiodiffuseur public dans un contexte de changements de plus en plus rapides à l’échelle de la planète et de technologies numériques qui rendent les modèles d’entreprise obsolètes tout en permettant aux gens de jouer un tout nouveau rôle dans le cadre des nouvelles, de la culture et de la gouvernance. Nous avons déjà commencé à recevoir des idées.

Au moment où ce brassage d’idées s’amorce, nous prévoyons que le budget fédéral, présenté la semaine prochaine, annoncera d’importantes compressions budgétaires à Radio-Canada. Une réduction de 10%, soit 110 millions de dollars, est l’équivalent du budget entier des services de la radio de Radio-Canada. Cette réduction va aussi affecter le service de l’information et le secteur culturel, tout en mettant en péril les services dans d’innombrables localités où Radio-Canada est la principale présence médiatique.

De plus, dans une récente étude de Deloitte on apprend que chaque dollar dépensé par Radio-Canada génère une retombée de presque quatre dollars. Donc, une compression de 100 millions créera un manque à gagner dans notre économie d’environ 400 millions de dollars.

Ces importantes compressions budgétaires imposées à Radio-Canada vont à l’encontre de la volonté populaire. Un sondage Harris-Decima effectué pour le compte de La Presse Canadienne révèle que 46% des Canadiens veulent que le financement accordé à Radio-Canada reste le même et que 23% des répondants aimeraient le voir augmenter. Toutefois, 22% des gens pensent que le financement devrait être réduit, tandis que 12% d’entre eux croient que l’on devrait mettre un terme au financement de la Société d’état.

Dans les faits, le financement accordé à notre radiodiffuseur public est bien bas, lorsqu’on le compare à d’autres démocraties occidentales. Combien de Canadiens savent que le financement accordé par le gouvernement fédéral à Radio-Canada équivaut à 34$ par citoyen? C’est bien moins que la moyenne de 80$ par citoyen d’autres pays et des 164$ par personne en Norvège. Il faut se tourner vers notre voisin du Sud pour trouver un pays qui débourse beaucoup moins pour son radiodiffuseur public. Aux Etats-Unis, on dépense à peine l’équivalent de 4$ par habitant. Les Canadiens sont en droit de se demander si nous voulons que notre radiodiffuseur public ressemble au leur.

Radio-Canada garde le pays unifié et c’est bénéfique pour notre démocratie et notre culture. Appuyons-nous sur cette tradition pour amorcer une nouvelle ère afin que les prochaines générations de Canadiens puissent participer à la société de façons que nous ne pouvons qu’imaginer aujourd’hui.

Jamie Biggar est directeur général d’À L’action. Cet article a paru en anglais au site The Network.

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