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Mayworks : Des prix pour ceux qui ne sont pas sous les feux de la rampe
GCM  •   25 November 2014

Mehreen ShahidPar Mehreen Shahid 

De nombreux travailleurs – notamment membres de syndicats, de groupes culturels et de groupes en quête d’équité – dont les efforts contribuent au bon fonctionnement de notre société sont souvent ignorés.

Les prix Min Sook Lee Labour Arts, qui seront décernés lors du festival Mayworks 2014 mettent en avant des minorités culturelles et des groupes marginalisés du Canada et récompensent les efforts des travailleurs et des syndicats. Mayworks a été créé en 1986 par le Labour Arts Media Committee du conseil du travail de Toronto et de la région de York.

Cette année, au nombre des lauréats, deux groupes seront à l’honneur pour avoir fait œuvre de sensibilisation.

L’un de ces groupes a sauvé les bibliothèques de Toronto des coupures « anti-manne gouvernementale » malavisées de Rob Ford en se battant contre l’amputation de 10 % du budget des bibliothèques. Les super-héros de cette victoire : les membres de la section locale des bibliothèques publiques de Toronto (SCFP, section 4948).

« Le prix a été attribué à notre syndicat pour avoir mobilisé ses membres par le biais des arts », a déclaré Maureen O’Reilly, présidente de la section locale.

En 2014, le syndicat – qui participe régulièrement à la manifestation Word on the Street –a fait appel à James Braithwaite. Pour interpeller les visiteurs, l’artiste les a photographiés affublés des fameuses lunettes papillon des bibliothécaires et il a également créé un court-métrage d’animation sur la campagne intitulée OurPublicLibrary (nos bibliothèques publiques).

Pour rallier les Torontois, le syndicat a aussi fait usage de toutes sortes de réseaux sociaux, dont YouTube, Facebook, Twitter, Pinterest et Instagram.

« Il est certain que l’emploi de l’expression artistique pour présenter notre message  nous a permis d’aborder avec enjouement une campagne aux enjeux très sérieux, affirme M. O’Reilly. Nous apprécions beaucoup la scène artistique locale et les dons de nombre de nos membres dans les domaines de l’illustration, de l’écriture et de la poésie. »

« Les travailleurs de la section locale sont extrêmement fiers de l’hommage qui leur a été rendu par Mayworks », ajoute-t-elle.

Jo SiMalaya Alcampo / www.lcpcomicbook.com

J SiMalaya Alcampo/www.lcpcomicbook.com

Tout comme la section locale, Jo SiMalaya Alcampo et Althea Balmes ont faire œuvre de sensibilisation en créant une bande dessinée incorporant les récits des aides familiales résidantes philippines de Toronto.

C’est alors qu’elles travaillaient en tant qu’artistes auprès d’organismes communautaires philippins épris de justice sociale qu’elles se sont rencontrées.

Si Jo SM. Alcampo et A. Balmes ont collaboré à ce projet, c’est que ça leur semblait la façon la plus naturelle de faire connaître les récits qu’elles entendaient dans les groupes de soutien. « Compte tenu de la richesse de la tradition orale dans la culture philippine, la bande dessinée était le moyen tout trouvé de bien faire passer le message », affirment-elles.

« Jo et moi, nous allions à des activités sociales où il y avait des aides familiales, explique A. Balmes, qui a réalisé les illustrations; on s’imprégnait de l’atmosphère et on se mettait dans la peau des aides familiales. Ensuite, on se retrouvait pour parler de ce qu’on avait entendu afin de créer un récit collectif. »

Althea Balmes / www.lcpcomicbook.com

Althea Balmes/ www.lcpcomicbook.com

J. SM. Alcampo, l’auteure des textes de la BD de 10 pages à paraître fin 2014, fait remarquer que les changements apportés aux lois canadiennes sur l’immigration qui concernent les travailleurs étrangers temporaires exposent un grand nombre d’aidants familiaux au risque de non admissibilité au statut de résident permanent.

« Quand nous avons fait notre recherche sur les aides familiales et les autres travailleurs étrangers, nous avons trouvé que les articles, les études et travaux universitaires et les projets gouvernementaux étaient dépourvus d’expression artistique », déclare-t-elle.

À la différence de la plupart des travaux de recherche qu’elles ont consultés, les récits traitent du vécu des gens. « Il s’agit de la façon dont les aides familiales opposent une résistance à l’exploitation institutionalisée du programme auquel elles participent et de la façon dont elles aident à renforcer la cohésion sociale », a-t-elle ajouté.

Lorsqu’elles ont montré aux travailleuses la BD qui les représentait, la réaction a été extrêmement enthousiaste, relatent-elles.

« Ça encourage les gens à raconter leur histoire au sein de leur communauté, déclare Jo SM. Balmes, qui est âgée de 26 ans. Ça permet de sortir de l’isolement et on se sent plus fort quand on sait que d’autres personnes vivent les mêmes choses. »

Le gala de remise des prix Min Sook Lee aura lieu le samedi 29 novembre, au Steelworkers Hall, qui se trouve au 25, rue Cecil, à Toronto. Les billets sont en vente sur le site Web de Mayworks (en anglais).

Mehreen Shahid est une journaliste pigiste qui aime rédiger des articles traitant de la dimension humaine de diverses questions ainsi que des articles mettant en vedette des personnes particulièrement. À l’occasion, elle écrit aussi des articles sur les arts. Mehreen est membre associé du SCA/CWA Canada (page en anglais)

 

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