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Comment les journalistes en ligne *peuvent* se syndiquer
GCM  •   4 février 2015

Par la blogueuse invitée Karen Wirsig

Vous avez un boulot que vous devriez adorer. Votre gentil patron est assis tout près de votre grand espace de travail bien éclairé et il invite toute l’équipe à souper une fois par semaine. La plupart de vos amis, qui ont obtenu leur diplôme en même temps que vous, travaillent toujours dans le commerce au détail comme lorsqu’ils étaient étudiants, pris entre le besoin de travailler à temps plein et le rêve d’accéder à leur emploi tant désiré.

Vous avez réussi. C’est ce que tout le monde dit.

Alors pourquoi êtes-vous déjà à la recherche d’un nouvel emploi ?

Si vous êtes journaliste, c’est probablement parce que vous êtes mal payé et que vous travaillez des heures de fou. Difficile d’y voir un avenir intéressant. Vous ferez votre possible pour prendre de l’expérience et vous démarquez. Mais vous quitterez cette entreprise aussitôt qu’une meilleure occasion se présentera ailleurs.

Selon un récent article du Washington Post intitulé « Why Internet journalists don’t organize », c’est pour cette raison que si peu de journalistes en ligne sont syndiqués. Aucune des principales organisations commerciales de nouvelles en ligne au Canada, comme le Huffington Post, iPolitico, Vice, le portail de nouvelles Yahoo, sont syndiquées, même si un sondage effectué en 2013 par des chercheurs de l’Université Western Ontario révèle que 36 % des journalistes canadiens interrogés aimeraient faire partie d’un syndicat. Aux Etats-Unis, seul le Daily Beast est syndiqué avec la NewsGuild., ce qui  s’est  produit automatiquement lors de la fusion avec Newsweek.

« Le marché de l’emploi est un carrousel : les médias en ligne sont perçus comme un tremplin vers un meilleur emploi. Cette perception fait que les rédacteurs tolèrent des conditions de travail exécrables.  Ces journalistes entretiennent l’espoir qu’une autre organisation les recrutera, ce qui est, de toute façon, le seul moyen d’avoir une augmentation de salaire. » L’article du Post remet en question la capacité des jeunes journalistes de s’organiser eux-mêmes en vue de se syndiquer.

Big Fish sans parolesMais il est bon de rappeler que ce sont des jeunes travailleurs Canadiens et Américains qui mènent le combat contre les stages non rémunérés. En Ontario, la syndicalisation a déjà permis de mettre un terme aux stages non rémunérés illégaux et elle a résulté en une nouvelle loi sur la Santé et la sécurité au travail qui inclut les étudiants des programmes travail-études, les stagiaires ainsi que les travailleurs temporaires étrangers. Le NPD a présenté un projet de loi fédéral émanant d’un député qui veut encadrer le recours aux stagiaires au niveau fédéral et le gouvernement est présentement en pleine consultation pour apporter ses propres changements.

Il y a un problème à attendre un emploi qui vous donne droit à ce que vous méritez, c’est qu’il risque de ne jamais arriver. Les emplois syndiqués et bien rémunérés dans les médias se font de plus en plus rares des deux côtés de la frontière. Il serait bon de penser à des façons d’améliorer le milieu de travail dans lequel vous vous trouvez déjà.

Et ce n’est pas tellement compliqué. Si une majorité d’employés d’une organisation veut faire partie d’un syndicat, vous choisissez ensemble un syndicat et il vous aidera à faire une demande au Conseil des relations de travail. Si vous en avez parlé avec un petit groupe de collègues en qui vous avez confiance et que vous avez besoin d’aide pour savoir comment faire, un organisateur syndical peut vous guider dans votre démarche.

Si vous participez à la syndicalisation de votre milieu de travail ou si vous signez une carte de membre syndical, la loi vous protège contre des mesures disciplinaires ou un renvoi. Il est important de préciser que plusieurs campagnes de syndicalisation demeurent confidentielles jusqu’au dépôt de la demande de certification. De plus, la direction ne connaît jamais l’identité des individus qui signent une carte de membre du syndicat. C’est le Conseil des relations de travail qui organise le vote. Les employés de l’unité de négociation potentielle votent lors d’un scrutin secret afin de confirmer leur adhésion au syndicat.

Si vous êtes un pigiste qui travaille pour plusieurs entreprises, un syndicat peut vous aider à améliorer vos conditions de travail. Grâce à une adhésion volontaire, vous pouvez joindre la sous-section des pigistes de la Guilde et recevoir de l’appui, avoir accès à des ressources qui vous aideront à négocier de meilleurs contrats, faire des contacts dans l’industrie et recevoir de la formation.

Si vous êtes un étudiant, un bénévole ou que vous commencez votre carrière professionnelle dans les médias au Canada, vous pouvez devenir un membre associé du SCA-Canada et ainsi avoir accès à des mentors, à un réseau de collègues et à de l’information au sujet de vos droits en tant que nouveaux travailleurs de l’industrie des médias.

La chose la plus importante à retenir : vous n’êtes pas seul.

Karen Wirsig conseillère syndicale « Syndicalisation et mobilisation » à la Guilde canadienne des médias. Contactez-la pour des renseignements, des conseils ou tout simplement pour lui parler de votre situation au travail. karen@cmg.ca, par téléphone au 416 591-5333, poste 222 ou sur la ligne sans frais 1 800 465-4149

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