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Jean-Pierre Blais président du CRTC a la capacité d’agir. Mais en a-t-il la volonté ?
GCM  •   25 février 2016

Une presse responsable est un bien collectif précieux, essentiel à la démocratie. Nous savons que les Canadiens, qu’ils résident dans de grandes villes ou de petites localités, attachent une grande importance aux informations de qualité; mais ces informations sont chères à produire, même en période de prospérité. Et en ces temps difficiles, elles sont vidées de leur substance par des organes de presse à court d’argent, ballotés par un raz de marée technologique.

L’industrie des médias est en crise. Selon un calcul approximatif de la Guilde, elle aurait perdu plus de 16 000 emplois depuis 2008. Et on prévoit, rien que pour la télévision, la perte de 15 000 emplois supplémentaires d’ici l’année 2020. Les compressions budgétaires, voire les fermetures sont devenues monnaie courante, avec des effets désastreux pour les travailleurs et leurs familles. Dans ce contexte, la récente allocution de Jean-Pierre Blais, président du CRTC – qui faisait écho à un nombre croissant de Canadiens en tirant la sonnette d’alarme au sujet de la crise à laquelle sont confrontées les informations et la programmation locale – a apporté une bouffée d’air frais. Pour citer M. Blais : « un nombre inquiétant de stations de télévision locales ont réduit la durée de leurs bulletins de nouvelles, retranché du personnel et centralisé la production de leurs émissions d’information (…) Si nous permettons que toutes les stations puissent être fermées une à une au nom des profits et des pertes, que restera-t-il lorsque la dernière aura mis la clé dans la porte ? Qu’est-ce qui va apparaître pour les remplacer ? »

Nous partageons les préoccupations de M. Blais. Ce qui m’a beaucoup intéressée, dans son allocution, c’est sa conviction qu’en dépit des perspectives peu réjouissantes « Il y a amplement d’argent dans le système de radiodiffusion pour appuyer la création d’émissions d’information et de bulletins de nouvelles locales ».

M. Blais a clairement indiqué que la responsabilité du financement des informations revenait à ceux qui tirent des profits de la livraison des productions : entreprises de distribution par câble et par satellite et, vraisemblablement selon nous, fournisseurs Internet et autres acteurs émergeants (une fois les ajustements requis apportés). Comme il l’a affirmé : « En échange de l’utilisation des ondes publiques en vue de livrer leurs productions dans les foyers et sur les appareils des Canadiens partout au pays, ces entreprises ont également le devoir de servir l’intérêt public. Elles doivent s’assurer que la couverture et l’analyse de l’information, en particulier à l’échelon local, soient effectuées selon des normes élevées ». Il s’agit là d’une déclaration sans équivoque et très encourageante. La question est à présent de savoir si le CRTC est prêt à redynamiser l’industrie en imposant l’obligation dont M. Blais a parlé.

Lors de la récente audience publique du CRTC sur la programmation télévisée régionale et locale, M. Blais n’a pas pu manquer de remarquer les encouragements relatifs à un passage à l’action. La Guilde a fait connaître son point de vue et exhorté le CRTC à créer un fonds spécial accessible aux fournisseurs de services publics de programmation, notamment CBC/Radio-Canada, les radiodiffuseurs provinciaux tels TVO et TFO, et d’autres radiodiffuseurs à vocation particulière, à l’instar de l’APTN.

On pourrait y parvenir au moyen de la création d’un modèle élargi d’un ancien fonds qui avait fait ses preuves : le Fonds pour l’amélioration de la programmation locale (FALP), en en imposant aux entreprises qui tirent des profits juteux de la livraison des productions de verser un petit pourcentage de ces profits pour soutenir la programmation locale. M. Blais a la capacité de réaliser cet objectif. En a-t-il la volonté ?

Carmel Smyth,
Présidente nationale de la Guilde

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