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La réalité selon Wal-Mart
GCM  •   1 décembre 2005

Imaginez que vous êtes parent seul dans un quartier défavorisé. Vous êtes constamment affligé par des problèmes financiers et que l’anxiété et le stress font partie de votre quotidien. Soudainement, une grosse machine à imprimer de l’argent arrive dans le paysage avec des offres d’emploi et des promesses d’une vie meilleure. En apparence, elle semble être un ami des pauvres. Cette firme embauche les parents seuls, les ouvriers non spécialisés, les décrocheurs scolaires et les étudiants. Bref, un personnel formé de gens défavorisés et désespérés qui ont de grandes attentes.

L’euphorie ne dure pas. La confusion s’installe. Vous avez beau travailler, vous êtes quand même fauché. Vous voudriez travailler à plein temps, mais ce n’est pas possible. La société embauche plutôt d’autres employés à temps partiel.

Vous ne pouvez pas vous faire d’amis au travail. La direction décourage cette pratique. Vous ne connaissez même pas le nom de famille de vos collègues. Ça serait séditieux. Le personnel change à une allure vertigineuse. Vous vous sentez isolé, mais vous n’osez pas vous plaindre. Lorsque vous dites à un collègue que vous vous sentez épuisé et confus, il disparaît. Vous ne pouvez pas dévoiler à vos collègues votre nom de famille, votre salaire, vos espoirs, vos attentes et les problèmes qui affligent votre milieu de travail. Vous n’osez même pas aller fumer une cigarette car on pourrait vous traiter d’agitateur, vous trouver trop amical ou trop curieux. Dans la réalité selon Wal-Mart, le seul fait de soulever un problème est un acte de haute trahison. C’est vouloir syndiquer ses collègues et une raison pour se faire renvoyer.

Pendant que vous en faites un cas de conscience, vous avez de la peine à croire que le travail de votre patron est d’écraser les employés qui s’assemblent. Les superviseurs doivent se montrer hostile envers le syndicalisme, sinon ils perdront leur emploi.

Pendant que vous gagnez un salaire de crève faim, vous apprenez que votre voisin ne va guère mieux. Car lorsque Wal-Mart crée deux emplois dans la communauté, trois autres emplois disparaissent car ses concurrents mordent la poussière. Des statistiques impressionnantes pour un géant du commerce au détail qui a plus d’un million cinq cent mille employés, un budget plus important que celui de plusieurs pays et plus d’influence économique que quiconque dans sa sphère d’activités aux États-Unis. Wal-Mart surpasse même General Electric et General Motors. C’est donc Wal-Mart qui dicte les règles du marché. Il est inquiétant de constater que son tout dernier projet est de convaincre ses employés américains de débourser eux-mêmes pour leurs assurances médicales. Ce n’est qu’une question de temps avant que cette société ramène des millions de travailleurs aux conditions d’il y a 30 ans.

Soudainement vous réalisez, comme je l’ai fait en novembre lors de la conférence intitulée: “ La pertinence des syndicats dans le cadre de la Nouvelle économie”, le courage dont a fait preuve le personnel des magasins Wal-Mart au Canada qui ont surmonté leur peur et milité pour le changement. Au lieu d’accepter que le personnel d’un de ses magasins soit syndiqué, Wal-Mart a fermé, en guise de représailles, son magasin de Jonquière et menace de faire la même chose ailleurs. Vous dites quoi ? Payer des salaires raisonnables ? Pourquoi ? À moins d’y être forcé.

La conférence intitulée “ La pertinence des syndicats dans le cadre de la Nouvelle économie “ a été organisée par le Centre for Work and Society de l’Université York de Toronto. Carmel Smyth travaille à la CBC à Toronto et elle est membre du comité d’organisation de la Guilde.

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