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GCM  •   1 juin 2006

Par datejie green

Les droits fondamentaux, l’équité, la dignité et la représentation sont au cœur des préoccupations des syndicats, n’est-ce pas ? La défense de la dignité de nos membres devrait être au centre de toute notre démarche. Les besoins des employés et la qualité de notre travail sont les priorités du syndicat quand on pense, par exemple, aux risques inhérents à la syndicalisation d’un nouveau milieu de travail et la négociation de meilleurs conventions collectives.

Mais qui sommes-nous au juste ?

À la base, le syndicat reflète ses membres et les membres sont ceux qui « font » le syndicat. Mais les travailleurs de la GCM sont aussi des personnes qui proviennent de tous les horizons de la société ou, du moins, qui devraient.

Les personnes handicapées, les Autochtones et les membres des différentes communautés culturelles sont toujours gravement sous-représentées dans l’industrie canadienne des médias. Dans les lieux de travail, nous sommes confinés, en compagnie de certaines femmes, à des ghettos. Vous n’avez qu’à vous balader dans les salles de nouvelles, sur les plateaux, dans les services créatifs ou les studios pour le constater. Plus souvent qu’autrement, vous pourrez voir que nous sommes peu nombreux et que nous sommes laissés seuls pour apprendre, travailler et survivre. Nous sommes encore, de façon disproportionnée, les remplaçants, les derniers embauchés et donc, les premiers mis à pied. Parfois, nous sommes le « minoritaire de service » qui doit être le porte-parole de toute la communauté. Souvent, nous sommes une source de couleur, de saveur ou d’accent lorsque requis. Mais nous sommes obligés de nous effacer et de rentrer dans le rang si l’assimilation est une condition pour garder son emploi ou jouir d’avancement professionnel.

Peu importe votre point de vue, les perspectives d’emploi et de carrière sont encore bien loin d’être égales. Notre manque d’accès à des réseaux informels de soutien entre collègues ou aux programmes de mentorat signifie que les personnes de la culture dominante sont ceux qui sont plus fréquemment embauchées. Trop souvent, ceux qui jouissent déjà des privilèges sociaux sont perçus comme les héritiers naturels des meilleurs postes dans les médias. Malgré l’adoption il y a 20 ans des lois sur l’équité en matière d’emploi, les travailleurs des communautés culturelles et les femmes continuent de se buter au plafond de verre invisible mais bien réel.

Il est vrai que ce déséquilibre social existe aussi partout dans la force de travail. Mais dans le cas des médias, cette situation prend une plus grande signification. En tant que travailleurs de cette industrie, nous influençons la perception de la culture, politique et société canadienne. Qu’on le veuille ou non, les questions de points de vue, d’accès, « d’objectivité », de trames narratives ont un ascendant sur tout ce que nous produisons. Ceci est vrai autant pour le contenu journalistique que pour les émissions dramatiques, les émissions pour enfants, les émissions artistiques, comiques et sportives. Nous avons besoin de nous demander : quelles histoires sont racontées et lesquelles ne le sont pas? Qui sont ceux qui racontent les histoires et ceux qui ne le font pas? Comment sont-elles racontées? Qui est marginalisé par l’approche médiatique que l’on juge être « légitime »?

De plus en plus, nos employeurs jouent la carte des communautés culturelles dans leur campagne de promotion. Ils cherchent ainsi à maintenir les apparences avec les changements démographiques au pays. L’« image de la diversité » est un outil crédible dans une industrie qui influence la manière dont les Canadiens se perçoivent au quotidien.

Selon notre expérience, les campagnes promotionnelles de nos employeurs ne reflètent pas la réalité de nos milieux de travail. Et cette réalité n’est pas conforme aux lois sur l’équité à l’emploi, aux normes des droits de la personne ou même à leurs propres politiques internes. Quelques membres issus des communautés culturelles ont réussi professionnellement où ils ont parfois développé leurs aptitudes et qu’ils ont pu démontrer leur talent. Il faut les féliciter et souligner leurs réussites. Mais le fait demeure que ces exemples sont rares. Trop d’Autochtones, de personnes handicapées, de lesbiennes, gais, bisexuels et trans-sexuels, de membres des communautés culturelles et de femmes sont laissés à eux-mêmes pour faire face aux obstacles du système. Il faut que cette situation change. Il faut s’appuyer les uns les autres que notre expérience soit positive ou négative. Et maintenant plus que jamais, la Guilde offre cette possibilité.

En avril dernier, la Guilde canadienne des médias a franchit une étape importante dans son engagement à l’équité et les droits de la personne. Le congrès biennal à Calgary a enregistré un record de participation de la part de délégués autochtones de la SRC Nord /CBC North et du RTPA/APTN, des communautés culturelles de la PC/NTR, Reuters, des pigistes et de la SRC/CBC, au moins un délégué avec un handicap de la SRC/CBC et des Francophones de la PC, TFO et la SRC. Même si nous étions minoritaires, nous nous inspirions de la volonté, la solidarité de nos collègues et de nos dirigeants et du simple fait que nous étions invités à participer en tant qu’égaux. Les délégués ont reconnu que le temps était venu pour le syndicat d’en faire davantage.

Nous avons adopté 3 motions pour appuyer concrètement les droits de la personne et l’équité ainsi qu’éliminer les obstacles systémiques dans nos milieux de travail.
1) La Guilde va embaucher avant la fin de 2007 un agent administratif à temps plein, issu d’un des groupes cible, pour travailler sur le dossier des droits de la personne.
2) Les bureaux de la Guilde vont emménager avant la fin de 2007 dans des locaux accessibles aux personnes handicapées.
3) La GCM va lancer un programme de formation pour 3 membres d’un groupe cible.

Pour lire les motions, cliquez sur http://www.cmg.ca/Convention06proceedings-FR.pdf.

Ces motions ont reçu l’appui unanime des délégués présents au congrès. La Guilde doit maintenant investir les ressources nécessaires. De plus, les membres issus des groupes minoritaires ont pris la parole et ils ont fait connaître leurs points de vue aux délégués de partout au pays. Les questions qui nous préoccupent ont provoqué des discussions sur les questions de l’inclusion, de la représentation et de la direction politique du syndicat. Les discussions étaient franches, réfléchies et intenses. L’ouverture d’esprit et la bonne foi étaient à la base du sentiment général que nous devrions accepter ces changements. Ce faisant, nous allons transformer notre syndicat, nos milieux de travail et notre travail en quelque chose de plus significatif et de plus égal.

Si vous voulez vous joindre à nous, laissez-moi un message au bureau national de la Guilde.

datejie green est la directrice nationale responsable des droits de la personne et de l’équité à la Guilde canadienne des médias.

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