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Les grands médias utiliseront-ils le prétexte de la crise économique pour abandonner leur rôle public ?
GCM  •   1 décembre 2008

Trois des plus grands conglomérats médiatiques au Canada ont annoncé des compressions budgétaires alors que les retombées de la chute financière augmentent. En novembre, Canwest a annoncé la suppression de 560 postes et CTVglobemedia la suppression de 105. Cette semaine, Quebecor a annoncé l’abolition de 600 postes aux journaux de Sun Media.

Ces annonces semblent peut-être raisonnables, compte tenu de la crise économique ; mais les compressions font malheureusement partie d’une tendance déjà établie. Pourquoi investir dans la programmation et les reportages locaux puisque les profits importants sont réalisés au niveau des monopoles de journaux, des canaux spécialisés et de la diffusion simultanée d’émissions américaines aux heures de grande écoute ?

Au milieu de la débacle, le CRTC – qui a approuvé des fusions médiatiques alors que la bulle financière approchait de son point de rupture – a fait quelque chose d’intéressant. À la fin du mois d’octobre, le Conseil a annoncé la création d’un nouveau fonds pour améliorer les bulletins télévisés de nouvelles locales dans les marchés de moins d’un million de téléspectateurs.

Le fonds sera financé en utilisant 1% du chiffre d’affaires brut des fournisseurs de câble et de satellite ; une somme d’environ 60 millions $ pour la première année, dont un tiers sera consacré aux diffuseurs de langue française et deux-tiers aux diffuseurs de langue anglaise. Pour avoir accès au fonds, la station doit déjà produire des bulletins de nouvelles locales ou régionales ; chaque cent du nouveau financement doit être consacré à augmenter le budget de base de la programmation locale de la station par rapport à ses dépenses moyennes de 2005 à 2008. Les diffuseurs publics et privés auront accès au fonds.

La Guilde canadienne des médias avait demandé la création de ce type de fonds, précisément pour fournir plus d’argent directement aux diffuseurs afin de leur permettre d’augmenter la production de leur programmation locale et régionale, surtout dans le secteur de l’information. La diffusion de bulletins de nouvelles et d’autres émissions locales représente depuis longtemps pour les diffuseurs un prix à payer afin de pouvoir utiliser les ondes publiques.

Il est à noter que Canwest et CTV n’ont pas demandé la création d’un tel fonds. Ces diffuseurs réclamaient plutôt chaque mois 50 cents de chaque abonné, afin de permettre aux compagnies de câble et de satellite de distribuer leur signal. Ils ne s’engageaient pas non plus à utiliser le nouveau revenu à des fins particulières.

La crise des informations locales n’est pas un effet du climat économique actuel. Le CRTC souligne que les dépenses des diffuseurs, au niveau de la programmation locale, n’a pas augmenté depuis dix ans, une décennie où la bulle se gonflait et que les profits demeuraient sains. Au cours de cette même décennie, les dépenses au niveau de la programmation « non canadienne » – ces émissions hollywoodiennes – ont augmenté de 61%.

En réalité, les conglomérats médiatiques ont cherché à réaliser des niveaux de profit qui n’existent pas dans la production des émissions locales de qualité que, selon les sondages, le public désire écouter. Les grands diffuseurs ont pris un raccourci vers les profits en ayant recours à une gamme de stratégies, notamment en réduisant les opérations, et donc les coûts, en diffusant aux grandes heures d’écoute des succès américains, et en profitant d’un flot de revenus provenant de leurs canaux spécialisés.

La GCM espère que les stations locales présentes dans les petits marchés, notamment les stations de CBC, Radio-Canada, TQS, TVA, CTV, Canwest et les indépendants, profiteront du nouveau fonds pour améliorer la couverture locale à l’époque où les Canadiens s’intéressent surtout à ce qui se passe véritablement au sein de leur collectivité. Entre-temps, on devrait poser des questions difficiles à tout diffuseur qui annonce le projet d’abandonner ses obligations locales en se servant comme prétexte du ralentissement économique.

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