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Les mises à pied mettent en évidence les faiblesses de l’industrie des médias
GCM  •   1 juin 2009

Ouf ! Depuis le début de l’année 2009, il y a eu une avalanche de mauvaises nouvelles accompagnées de prédictions sur la mort de l’industrie des médias en même temps que des nouvelles idées de ce que deviendra cette même industrie. Nous voyons maintenant le côté humain de ces compressions chez plusieurs de nos employeurs.

Pour nous dans le domaine syndical, il est temps d’entrer en mode action lorsque de telles compressions sont annoncées. On se doit étudier la liste des noms, parler aux gens affectés, penser à des solutions de rechange, calmer les anxiétés ainsi qu’étouffer les rumeurs. Nous espérons toujours trouver des solutions pour les membres qui sont touchés lors de ces moments traumatisants.

Lorsqu’on examine ces listes de façon un peu plus objective, on constate l’ampleur extraordinaire des compressions et aussi que toutes les classifications d’emplois sont touchées. Cependant, il est possible d’y voir des tendances.

La technologie numérique
Il est difficile de ne pas remarquer que des 350 postes abolis à Radio-Canada/CBC (hors Québec), une des classifications les plus touchées est celle des monteurs télé, don’t la majorité des mises à pied seront effectuées à Toronto. Il s’agit d’un effet dramatique de la télétique et d’autres innovations numériques. En début d’année, la direction du réseau S-Vox (anciennement Vision TV) a présenté un plan de mises à pied des réalisateurs et des monteurs. Elle voulait combiner les deux fonctions et rebaptiser le poste « réali-monteur ».

Les petites localités subissent les grands coups
Il y a eu beaucoup de discussions au sujet de l’ampleur disproportionnée des compressions que subissent les nouvelles locales, particulièrement dans les stations de radio dans des petits marchés comme Sudbury, Windsor, Thunder Bay, Saint John et Sydney. Ces compressions aggravent la diminution de services amorcée par le secteur privée, mais elles vont aussi à l’encontre la stratégie de la CBC (vous souvenez-vous de la campagne “Hot, Live and Local” lorsqu’elle fut dévoilée en décembre?). Ces mêmes compressions vont aussi à l’encontre de toutes les études qui démontrent que les Canadiens tiennent beaucoup à la couverture locale en matière d’information.

La programmation radio est sabrée
Il ne faut pas oublier que l’ensemble de la programmation radio de Radio-Canada/CBC subit des compressions. La radio de Radio-Canada devient un service plutôt national que local.

À CBC, des émissions à Radio 1, Radio 2 et Radio 3 sont annulées ou réduites. Ces compressions sont ressenties plus particulièrement par nos membres à Vancouver où environ 17 postes seront abolis. L’animateur de l’émission The Point, qui est appelée à disparaître, Aamer Haleem, quittera la CBC à la fin de la saison après seulement un an. Les animateurs de Radio 3, Tariq Hussain et Lauren Burrows, quittent aussi à cause des compressions dans la programmation alors que les services satellite et internet de Radio 3 seront fusionnés. Partout au pays, les émissions régionales du midi sur Radio 1 seront écourtées d’une heure. Sur les ondes de Radio 2, il y aura moins de musique en direct car Canada Live passe d’une émission de 2 heures à tous les jours à une émission d’une heure du lundi au vendredi. Personne d’autre ailleurs au pays ne fait ce type de travail.

Les répercussions sur la nouvelle génération
Ce sont les employés en début de carrière qui ressentent le plus les contrecoups à cause du fonctionnement du processus de mises à pied et du type d’émissions qui ont été annulées. Par exemple, beaucoup d’individus en début de carrière travaillent à des émissions de télévision de la CBC, comme le Steven and Chris Show et l’émission régionale « Living In… ». J’ai bien peur que notre industrie va perdre ces gens pour de bon.

L’exode des employés expérimentés
À l’autre bout du spectre, nous sommes sur le point de perdre en même temps un groupe important d’employés qualifiés et dévoués, la plupart par le biais de retraites volontaires.

À La Presse canadienne, le bureau d’Ottawa perd le correspondant de longue date, Jim Brown, qui a couvert la Colline parlementaire sous tous ses angles. Au bureau de Montréal, plus de gens que prévu ont opté pour des indemnités de départ. Au moins 5 journalistes /préposés au pupitre d’expérience vont quitter la salle de rédaction. Quatre autres préposés au pupitre d’expérience vont quitter la salle de rédaction de Toronto. Étant donné que La Presse Canadienne est un des moteurs de l’industrie des nouvelles de ce pays, il est pertinent de se demander si la couverture nationale ne souffrira pas à la suite de ces compressions.

De retour à la CBC, le nombre d’employés talentueux et dévoués qui partent en même temps est effarant. Les journalistes et présentateurs Don Newman, Jim Nunn (Halifax) et Brian Stewart (The National) étaient des sources intarissables de connaissances et de contexte historique qui seront difficiles à remplacer. Mark Bulgutch, le doyen des réalisateurs, était celui qui essayait toujours d’injecter du contenu intelligent lors d’émissions spéciales sur la politique. Le vidéographe Mark Parkman a tout filmé; des évènements sportifs en passant par les nouvelles sans oublier des émissions de variétés en direct.

Des pertes chez les employés de soutien
Les employés de soutien sont aussi très affectés par les compressions. De tous les postes abolis à la CBC, 34 sont des postes administratifs. Dans plusieurs secteurs, il n’y a personne d’autre pour accomplir le travail, alors on est en droit de se demander qui fera le boulot. Il reviendra à nous tous de rester vigilants en ce qui a trait à la charge de travail et aux tentatives d’impartition de notre travail. À La Presse Canadienne, les services techniques seront abolis à Toronto. Trois employés vont perdre leur travail, incluant un superviseur.

En temps normal, les gens choisissent le moment où ils prendront leur retraite. En principe, ces travailleurs sont remplacés par d’autres. Cette année dans l’industrie des médias, nous perdons tout simplement des gens et, pour l’instant, il semble que l’espoir se fait rare pour les nouvelles générations.

Cliquez ici pour en apprendre plus long au sujet de notre campagne visant la restauration de Radio-Canada.

Lise Lareau est la présidente nationale de la Guilde canadienne des médias

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