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Choc post-traumatique : les journalistes aussi
GCM  •   19 mars 2012

Environ 25% des journalistes qui passent une importante partie de leur carrière à couvrir des conflits et des guerres souffrent de trouble de stress post-traumatique (TSPT), pourtant, le sujet demeure méconnu, voire tabou.

Couvrir à l’étranger est enivrant, mais on ne sait pas toujours comment on revient.

Vivre dans une zone sinistrée ou de conflits armée permet de vivre à la fois un vif coup d’adrénaline et le théâtre de difficiles situations.

Après avoir parcouru des zones dévastées, avec beaucoup de sinistrés, avec des morts et des corps partout, il arrive que le journaliste reste hanté par des images.

L’idée n’est pas d’empêcher un journaliste de couvrir des zones de conflits, mais bien de s’assurer des conditions dans lesquelles il revient.

C’est justement pour leur aptitude à prendre des distance et pour leur objectivité que les journalistes sont envoyés sur des scènes étrangères. Ils peuvent prendre une certaine distance en se disant qu’ils ont un travail à accomplir, mais même s’ils racontent froidement l’horreur, ils ne peuvent être totalement insensibles. Même chose pour les photographes et caméramans qui doivent souvent prendre le temps de regarder tous les angles possibles avant de faire LA bonne prise de vue.

Le journaliste Allan Little, de la BBC, raconte comment il a vécu une situation particulièrement dramatique et stressante en 2001, lors d’une couverture à l’étranger.

« J’ai reçu comme un coup de masse quand la personne avec qui je travaillais a été tuée et pas moi. Je ne savais pas comment réagir. J’ai pensé que c’était ma faute et j’étais convaincu que tout le monde pensait la même chose. J’aurais voulu échanger les places et être mort. J’ai commencé à devenir lunatique et paranoïaque, à présenter des troubles du comportement social et à être incapable de travailler. La raison était que j’avais survécu.»

C’est finalement une supérieure qui un jour, constatant que son état se détériorait, a pris la décision de prendre pour lui un rendez-vous médical.

Cette anecdote est tirée d’une publication de la Fédération internationale des journalistes qui a consacré toute une section sur le choc post-traumatique.

Le choc post-traumatique chez les journalistes est une question suffisamment sérieuse pour motiver  l’Université de Washington à Seattle de lancer le Dart Center for Journalism and Trauma il y a quelques années. Ce réseau mondial de journalistes et de professionnels vise à promouvoir la couverture médiatique des traumatismes, des conflits et des drames.

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Lise Millette est journaliste à La Presse Canadienne et membre de la Guilde canadienne des médias.

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