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Arrêtons de faire semblant que tout va bien. Ce n’est pas le cas
GCM  •   13 novembre 2014

Par la blogueuse invitée Lise Lareau

L’autre jour, entre l’annonce d’un licenciement massif et une nouvelle révélation troublante dans l’affaire Jian Ghomeshi, j’ai reçu un courriel annonçant les noms des gagnants du Prix du président de CBC/Radio-Canada. J’en suis restée abasourdie. Comment peut-on prétendre que tout est normal, que cette tradition annuelle peut s’accomplir comme à l’accoutumée, alors que CBC/Radio-Canada est en train de partir à vau l’eau ? Je n’ai pas lu le courriel, m’efforçant plutôt, comme nombre d’entre nous, de faire face à une autre misérable journée au travail.

Je tiens donc à saluer les employés de Radio-Canada de Sherbrooke qui, ayant éprouvé le même sentiment, se sont mis en colère et ont réagi. Ils étaient récipiendaires du Prix du président pour leur couverture médiatique de la catastrophe du lac Mégantic. Néanmoins, quand Hubert Lacroix, le président de CBC/Radio-Canada, est arrivé pour leur remettre le Prix en personne, il a essuyé une sérieuse rebuffade : invoquant les compressions, ces employés ont refusé le prix. Monsieur Lacroix aurait déclaré à ce propos que leur geste était vain, mais cela ne fait que montrer l’écart qui sépare ceux qui prennent les décisions visant à démanteler une part considérable de CBC/Radio-Canada et ceux qui, au quotidien, créent les émissions qui font du radiodiffuseur ce qu’il est.

Désolés, monsieur Lacroix ! Ce qui est vain, c’est de faire comme si de rien n’était et de prétendre que tout est comme à l’accoutumée en ce moment à CBC/Radio-Canada.

Quand les membres de la direction envoient des notes de service au sujet d’une énième compression (cette fois pour annoncer que la météo sera confiée à un autre réseau – rien de moins !) en se disant  heureux d’annoncer un nouveau « partenariat de contenu », avant de nommer, dans la foulée, les personnes qui vont perdre leur emploi – et quand le président de CBC/Radio-Canada déclare qu’il s’agit d’une journée positive au moment d’annoncer que 1 500 emplois vont être éliminés au cours des cinq prochaines années, on peut se demander si les membres de la haute direction s’imaginent vraiment qu’en employant ces mots-là, ils vont arriver à donner l’illusion que tout ira bien.

Il n’y a rien là de normal, d’habituel ou de positif. C’est pourquoi les employés demandent ouvertement à leur PDG qui prendra leur défense pendant que le gouvernement sabre allègrement dans le budget de CBC/Radio-Canada. La réponse devrait aller de soi, mais dans ce monde à l’envers où une institution publique est en train d’être démantelée, rien ne va de soi.

On est en train d’assister à la dévastation du Centre de radiodiffusion : les bureaux se vident; un studio est à l’abandon, un autre est utilisé par un ancien concurrent du réseau (Rogers) et d’autres devraient être fermés d’ici l’an prochain. Des pans d’expertise entiers sont livrés à la concurrence :  la production de documentaires, la météo, le hockey. Une ville de la taille de Fredericton n’a qu’un seul reporter permanent. Il est question de vendre le Centre de radiodiffusion lui-même. Et aujourd’hui, nous verrons des centaines d’autres employés de tout le Canada recevoir des avis de postes excédentaires. Et plus encore. Du reste, nous avons l’intention, à la Guilde, de faire l’inventaire complet des pertes subies, dans toute leur triste réalité, et ce, surtout parce que nous savons que personne d’autre ne le fera.  Selon toute vraisemblance, les membres de la direction continueront de déclarer que la situation est positive et de se satisfaire de distribuer des prix – avant que le dernier studio ne ferme ses portes.

Lise Lareau est vice-présidente nationale de la Guilde

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