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Remonter la pente : En attendant le discours de Hubert Lacroix sur le “réinvestissement” lundi
GCM  •   21 avril 2016

En anticipation du discours de Hubert Lacroix, président de  CBC/Radio Canada lundi, la Guilde prend le temps de rappeler aux leaders de la Société l’impact des compressions des 8 dernières années sur la Société, le personnel et sa capacité de remplir son mandat.

Des milliers de postes ont disparu à CBC/Radio-Canada  depuis 2008.

L’impact sur les gens, les conditions de travail et la capacité même de CBC/Radio-Canada à servir les collectivités partout au pays est immense.

En même temps, au cours des élections de l’automne dernier, les Canadiens partout au pays ont montré ouvertement qu’ils avaient remarqué les coupes et que ça les préoccupe.  Ils ont voté pour le parti qui offrait clairement le plus de soutien au diffuseur public.

Maintenant, c’est au tour d’Hubert Lacroix de montrer comment CBC/Radio-Canada va répondre à ces Canadiens qui ont voté pour le changement.  Va-t-il investir dans les emplois qui consistent à créer de la programmation sur toutes les plateformes, rétablira-t-il certains des postes qui selon des dirigeants supérieurs de la Société étaient des coupes qui sont allées trop loin ?  Ou alors va-t-il continuer  sur la même voie qui consiste à faire des compressions dans CBC/Radio-Canada au nom du « numérique d’abord » ?

On verra lundi. En attendant, nous pensons que ce que disent nos membres devrait être pris en compte dans la conversation sur le réinvestissement.  Voici certains de leurs commentaires :

Nord du Canada :

*Ils tuent les nouvelles locales à la télévision, notre capacité de faire des reportages en profondeur. Je suis tellement en ta*** je pourrais écrire un livre. Nous continuons à être vendus morceau par morceau par Lacroix. Je ne suis pas d’accord avec la vente des immeubles. Nous achetons l’équipement au rabais sur le marché maintenant au lieu de ce qu’il y a de mieux. C’est de la rigolade. Nous nous dirigeons vers la non-pertinence et les nouvelles locales à la télé est sur le point de devenir sans aucune utilité.

*Il est impossible de mettre un grand accent sur le numérique alors qu’on ne nous a pas donné de ressources additionnelles à l’interne pour gérer le web.
Nous avons une personne à temps partiel qui nous aide, mais cette personne est basée à 1 000 km. Nous ne pouvons pas continuer à préparer une émission radio au quotidien, des nouvelles tout en gérant le web avec le personnel que nous avons pour les reportages.

Et maintenant, on nous dit que nous devrons également travailler les fins de semaine. Si nous n’avons pas de ressources additionnelles, cela pourrait signifier que nous devrons couper les ressources affectées aux reportages pendant la semaine pour couvrir les quarts de fin de semaine.

Notre dernier espoir c’est le téléjournal de l’après-midi. Il a été abandonné pendant l’été de façon “temporaire” d’après ce qu’on nous a dit. Cela va faire bientôt un an, sans aucune solution en vue.

Un exemple: il y avait une confrontation dans notre collectivité hier. La confrontation s’est terminée quelques minutes avant les nouvelles de 17 h 30. Cependant, nous ne pouvions pas communiquer  avec le personnel éloigné pour les informer du changement d’heure.
Si les ressources étaient toujours basées dans notre collectivité, nous aurions eu cette importante information (oui, des gens étaient en danger, la police a demandé à des voisins de sortir des leurs maisons) en ondes.

Ouest canadien 

*J’appuie l’appel pour plus de gens sur le terrain. Nous manquons de créateurs de contenu puisque beaucoup de personnes ont été déplacées vers le numérique pour afficher au lieu de créer du contenu.

Dans ma collectivité, nous sommes toujours poussés aux limites pour remplir l’émission. Il nous manque un journaliste affecté spécialement, une personne est affectée à la lecture et à la rédaction de nouvelles pour toute notre région, tout en fournissant des segments actualités pour l’émission du matin. Si une nouvelle arrive après midi, il n’y a personne pour la couvrir car notre journaliste le plus proche est à 2 h 30 d’ici. On perd beaucoup de temps à lui demander d’aller et venir pour couvrir les événements au lieu d’avoir quelqu’un ici qui couvrirait les nouvelles quand elles arrivent.

Nous avons perdu un poste de vidéoprésentateur dans la région éloignée il y a quelques années, poste qui a ensuite été transformé en poste numérique pour finalement être coupé. Les plus petits bureaux de notre région ont besoin d’au moins un autre journaliste et si possible un autre rédacteur web. En plus de produire du contenu, notre réalisateur adjoint doit aussi afficher 3 articles par jour sur le site d’une autre collectivité. Notre collectivité à son propre site, mais nous n’avons pas de ressources suffisantes pour le maintenir ou créer du contenu.

 *Sur le plan des nouvelles locales, par exemple, un bon nombre démissions sont difficiles à regarder à cause de la dernière ronde de compressions. Notre équipe se fie beaucoup sur des entrevues par Skype avec le présentateur et des entrevues long format pour remplir l’espace si bien que l’émission est dure à regarder et les téléspectateurs fuient. C’est maintenant de cette façon que nous remplissons l’espace qui était auparavant occupé par des journalistes faisant de véritables reportages locaux dans la collectivité. 

Est du pays :

*Il est évident pour nous qu’il faut remettre de l’argent dans les régions (ou centres comme on les appelle maintenant). Dire qu’on les a coupées jusqu’à l’os serait trop gentil. 

Il faut également mettre de la pression pour changer ce que j’appelle le complexe de gros réseaux américains qu’affichent  certains cadres de CBC Toronto.  Nous devons recommencer à produire nos propres émissions à l’interne et « non » courir à gauche à droite avec un chèque en croyant qu’ils peuvent commander la prochaine émission à succès comme font CBS, NBC ou ABC !  Donc, les émissions propres à un diffuseur public comme CBC doivent être faites, et faites à l’interne.

 Centre du pays :

 *Je suis plus particulièrement précoccupé par la destruction totale des nouvelles de l’heure du souper. Toutes les ressources vont au web au détriment de la télé.

C’en est gênant. Il n’y avait aucun plan concret pour remplacer certaines choses. C’est maintenant devenu pire et des coups de gueule devant caméra ont pris la place de véritables reportages. Ça n’a pas marché.

 Nous devons aussi rétablir la capacité en archives régionales dans les salles de nouvelles anglaises où des libraires radio ont été mis à pied. Des archives visuelles deviennent sans intérêt si elle ne sont pas tenues à jour. En  production, tout le monde veut tout hier, mais certains libraires dans les régions ne peuvent pas tenir le coup à cause de la charge de travail complètement ridicule. 

 CBC/Radio-Canada devrait arrêter d’applatir les classifications d’emplois. Ce n’est pas tout le monde dans la plage salariale X qui peut faire le travail de la plage Y ou en dessous. La qualité en souffre quand cela se produit. Même si les employés de CBC sont des personnes de talent et dévouées, ils ne sont pas intercheangeables. Les compétences et les intérêts varient largement. On ne peut pas créer une main d’oeuvre hautement performante et engagée en lui imposant un fonctionnement multitâches sans  fin. 

 L’affaiblissement systématique de ce que CBC et Radio-Canada appellent « contenu » ridiculise le diffuseur public national.

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