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Message du Nouvel An de Martin O’Hanlon, président de SCA Canada
GCM  •   2 January 2019

2019 : Le combat pour la liberté de la presse

Chers membres de SCA Canada,

J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d’année, et je tiens à remercier chacun et chacune qui nous ont aidés à nous battre pour la défense d’emplois et d’un journalisme de qualité, que ce soit en tant que dirigeant syndical ou activiste, ou qui ont simplement œuvré en faveur de cette cause.

Cette année encore, nous avons eu à relever de nombreux défis, mais il y a une bonne nouvelle pour notre syndicat. En effet, malgré notre petite taille et les menaces auxquelles le secteur des médias est confronté, SCA Canada s’est imposé en tant que chef de file en matière de projets syndicaux progressistes et novateurs. Notre programme de membres associés destiné aux étudiants a rencontré un immense succès, et nous faisons œuvre de pionniers avec notre recrutement dans les domaines de la télévision numérique, indépendante et factuelle. Pour un syndicat « poids plume », on s’attaque à pas mal de poids lourds.

Nous commençons cette nouvelle année avec l’espoir que 2019 marquera un tournant décisif au niveau de deux thématiques – le secteur des médias en difficulté et la liberté de la presse.

Le mois dernier, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec un comité sénatorial au nom de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) concernant la menace croissante qui pèse sur la liberté de la presse dans le monde entier.

Il est difficile de croire qu’en 2019, nous devrons nous battre encore davantage pour préserver ce droit fondamental et vital.

Depuis longtemps, divers gouvernements – de l’Arabie saoudite à la Russie en passant par Cuba – restreignent la liberté d’expression des journalistes. Or, maintenant, de nombreux pays récidivistes, en particulier la Chine, ont intensifié la répression et utilisent la technologie pour étouffer la dissidence et bloquer le partage de l’information sur les médias sociaux.

Ce qui est encore plus troublant, c’est qu’on assiste, dans des pays autrefois progressistes comme la Pologne, la République tchèque, la Hongrie et les Philippines, à l’émergence de démagogues et de partis ultraconservateurs ouvertement hostiles aux médias. La Turquie se place aujourd’hui au premier rang mondial pour l’emprisonnement de journalistes. En effet, des centaines de journalistes font l’objet de fausses accusations, et beaucoup ont reçu de longues peines d’emprisonnement.

À cela s’ajoutent les États-Unis, où l’ignominie du président Trump et de ses facilitateurs républicains sont une menace à la liberté de la presse et à la démocratie.

Soyons clairs : le journalisme est un pilier de la démocratie, et lorsque les médias sont attaqués, ce sont nos systèmes démocratiques qui sont attaqués.

Il est essentiel que les pays progressistes, modérés et responsables comme le Canada dénoncent publiquement toute menace à la liberté de la presse, que nous exercions des pressions diplomatiques sur les autres pays pour qu’ils fassent mieux et que nous frappions les pires pays délinquants de sanctions économiques, si nécessaire.

Restreindre les droits des journalistes est une chose. Cependant, dans bien des pays, la situation est encore plus désastreuse.

En 2018, selon la FIJ, au moins 94 travailleurs des médias ont été tués, tandis que des centaines d’autres sont emprisonnés, et des dizaines sont retenus en otage.

La sécurité en ligne est de plus en plus menacée. Les cyberattaques, le piratage et le harcèlement en ligne, en particulier contre les femmes journalistes, entraînent une crise de la sécurité parmi les professionnels des médias.

C’est la frustration croissante découlant de l’inaction et, souvent, du manque de volonté de s’attaquer à la crise de l’impunité qui a incité la FIJ à demander la tenue d’une convention internationale sur la sécurité des journalistes et des professionnels des médias. Nous avons demandé au gouvernement fédéral d’appuyer la tenue de la convention.

Ici au Canada, si la situation est moins grave, elle n’en demeure pas moins préoccupante.

L’année dernière, le journaliste Antoine Trépanier, de Radio-Canada, a été arrêté par la police de Gatineau, alors qu’il faisait simplement son travail et qu’il posait des questions. Il a été arrêté en raison d’une plainte frivole de harcèlement déposée par une personne qui n’aimait pas ses reportages. Toujours l’année dernière, un juge a ordonné à la journaliste Marie-Maude Denis, de Radio-Canada, de révéler sa source dans le cadre du procès d’une affaire de corruption. L’affaire est maintenant rendue en Cour suprême.

Et évidemment, le mois dernier, la Cour suprême a ordonné au reporter Ben Makuch, de Vice Media, de remettre aux autorités les renseignements qu’il a recueillis sur un combattant de l’EIIS qui fait l’objet d’accusations. SCA Canada s’est portée partie intervenante dans cette affaire.

Une fois encore, soyons clairs : les médias ne sont pas et ne devraient jamais être un organe de l’État. En tant que journalistes, nous avons le devoir d’empêcher quiconque, en particulier les autorités, d’entraver la liberté de la presse.

C’est pour cette raison que nous ferons maintenant pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il renforce la Loi sur la protection des sources journalistiques afin de mieux protéger les sources des journalistes.

Pour ce qui est de la situation du secteur des médias, en novembre, le gouvernement a annoncé une aide fiscale de 595 millions de dollars pour venir en aide à l’industrie médiatique et a confirmé que les organismes médiatiques à but non lucratif pourraient recevoir des dons de bienfaisance.

C’est formidable. Toutefois, nous devons nous assurer que cet argent, quel qu’en soit le montant, ne servira pas à remplir les poches des propriétaires, des fonds vautours, des fonds spéculatifs et qu’il ne sera pas non plus versé à des cadres supérieurs. Il est scandaleux que la rétribution du P.D.G. de Postmedia, Paul Godfrey, se soit envolée l’année dernière, passant de 1,2 million de dollars à 5 millions de dollars, alors même que la société faisait face à des difficultés et qu’il avait demandé à son personnel de faire des concessions en matière de pensions et de prestations de santé. Honteux!

Nous continuerons de pousser le gouvernement à mettre fin au monopole de Postmedia et à durcir les règles du Bureau de la concurrence afin de bloquer les achats massifs de sociétés importantes, notamment dans le secteur des médias.

Nous sommes d’avis que c’est là un point essentiel : la préservation des emplois et un journalisme de qualité en encourageant la propriété locale et sans but lucratif des journaux plutôt que le « désastre » qu’incarne Postmedia avec ses fonds spéculatifs destructeurs et prédateurs.

Je terminerai sur une note positive qui nous vient de nos voisins du sud où l’organisme syndical NewsGuild-CWA, notre homologue américain, a constaté un recrutement explosif au cours de ces dernières années, avec plus de 1 000 nouveaux membres au sein de journaux tels que le L.A. Times et le Chicago Tribune. C’est une période intéressante dans l’histoire des États-Unis, car les travailleurs des médias défendent enfin leurs droits et le journalisme. Et il faut s’attendre à ce que cela continue en ce sens au cours de l’année qui s’en vient.

Je vous conjure tous et toutes de nous rejoindre dans la lutte pour des emplois et un journalisme de qualité ainsi qu’en faveur de la liberté de la presse en militant avec le syndicat en 2019.

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Meilleurs vœux pour 2019!

Martin O’Hanlon

Président, SCA Canada
Le syndicat des médias

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