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Travail temporaire et racisme systémique
GCM  •   25 juin 2020

Au cours des dernières semaines, l’équipe de la haute direction de CBC/Radio Canada a fait un certain nombre de promesses pour lutter contre le racisme systémique au sein de la Société. Nous apprécions la reconnaissance par la direction de ce grave problème et nous sommes heureux de les voir commencer à prendre des mesures pour le corriger.

Cependant, toute tentative visant à éliminer le racisme systémique au sein de CBC/Radio-Canada sera ne fin de compte dénuée de sens si l’on ne modifie pas fondamentalement la façon dont les travailleurs temporaires sont engagés.

Les employés temporaires sont plus jeunes et plus diversifiés que leurs collègues. Ce sont justement les personnes que la Société a besoin de garder et de promouvoir. Cependant, bien trop souvent, des journalistes intelligents, issus de la diversité et talentueux quittent CBC/Radio-Canada avec dégoût et frustration après des années passées à faire du « surplace », à attendre une sécurité d’emploi qui ne se matérialise jamais.

Interrogée sur la façon dont les employés temporaires sont touchés par le racisme structurel lors du forum du 11 juin, la direction a donné une réponse qui dénote une incompréhension totale de ce que vivent les employés temporaires. On a en effet suggéré que si les employés temporaires sont préoccupés par le racisme ils devraient simplement s’exprimer à ce sujet sans crainte de représailles; tout employé temporaire qui a entendu cette réponse peut vous dire que cette suggestion est insultante et ridicule. Les employés temporaires qui s’expriment contre les décisions prises par leurs supérieurs sont souvent punis pour l’avoir fait.

Les employés temporaires vivent dans une culture de la peur. Ils sont toujours à la recherche de leur prochain projet, ce qui signifie qu’ils doivent toujours songer à plaire à leurs patrons. Cela est particulièrement vrai pour les travailleurs temporaires qui sont Noirs, Autochtones et personnes de couleur, et dont les supérieurs Blancs refusent de reconnaître leurs propres « angles morts ».

Cela signifie ne pas s’exprimer lorsqu’un reportage sur leur communauté est présentée de manière raciste. Cela signifie supporter en silence les commentaires racistes de leurs collègues.

Cela signifie que leurs projets sont rejetés comme étant « biaisés » ou qu’ils sont qualifiés de « militants » pour avoir voulu faire des reportages sur de véritables enjeux dans leur vie. Pour bon nombre d’entre eux, cela signifie que, pour réussir à CBC/Radio-Canada, ils doivent oublier leur identité et leurs expériences vécues.

Au fil du temps, cette culture engendre du ressentiment et incite à penser que CBC/Radio-­Canada ne leur accorde aucune valeur, et n’accorde pas de valeur à leur travail.

Par ailleurs, il n’existe pas de système en place permettant de répartir équitablement les quarts de travail entre les employés temporaires sur appel, qui effectuent la grande majorité du travail précaire à CBC/Radio-­Canada. En l’absence d’un tel système, les employés temporaires sont embauchés en fonction de ce que les gestionnaires préfèrent. En d’autres termes, tout est fondé sur le favoritisme. Et dans une société fondamentalement raciste comme la nôtre, un système basé sur le favoritisme est, par conséquent, intrinsèquement raciste.

Ce ne sont pas là nos opinions. Ce sont des plaintes que nous avons entendues directement de la part des employés temporaires. Nous les avons entendues à maintes reprises, et tout cela a débuté longtemps avant la mort de George Floyd.

Si CBC/Radio-Canada veut vraiment répondre aux préoccupations de ses employés, elle doit apporter des changements importants au système du travail temporaire. Ces changements doivent inclure, mais sans s’y limiter, les mesures suivantes :

1-Réduire considérablement la proportion de travail effectué par les employés à statut précaire. Pour ce faire, il faut allouer suffisamment de ressources pour que les émissions soient correctement dotées en personnel, et créer davantage de postes permanents de « remplaçants » pour les affectations à court terme, tandis que les postes vacants à plus long terme peuvent être comblés par les employés temporaires +13.

2-Chaque service doit comporter un gestionnaire qui se consacre exclusivement au perfectionnement professionnel et au soutien des employés temporaires.

3-Tous les employés temporaires doivent avoir accès à des prestations complètes pour soins médicaux et à des congés de maladie dès leur premier jour de travail, et pas seulement pendant la pandémie.

4-Autoriser la conversion des employés temporaires en employés à statut permanent après 18 mois dans la même classification plutôt que le même poste.

5-CBC/Radio-Canada doit recueillir des données démographiques sur les employés temporaires et les communiquer à la Guilde canadienne des médias et à d’autres syndicats de CBC/Radio-Canada.

6-Créer une façon anonyme et indépendante de signaler le racisme au sein de CBC/Radio-Canada, y compris les décisions éditoriales racistes, qui inclut tous les syndicats de CBC/Radio-Canada et veiller à ce que les résultats des enquêtes sur le racisme soient communiqués aux employés.

 

Le comité des employés temporaires de la Guilde à Toronto

Nairi Apkarian (coprésidente)

Julian Uzielli

Matt Guerin

Brent Cousland

Lauren Baert (conseillère syndicale)

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