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Le sondage « Prendre soin de vous » cherche urgemment à recueillir les commentaires de travailleurs des médias au sujet des traumatismes et de la santé mentale
GCM  •   4 novembre 2021

Dave Seglins, journaliste de longue date à CBC/Radio-Canada, est maintenant à la tête de la formation et de la recherche en matière de bien-être dans l’industrie de l’information.

DAVE SEGLINS
Pour SCA Canada

Des zones de conflit à l’incendie au coin de la rue, se précipiter sur les lieux de l’action pour couvrir les victoires, les tragédies et les scandales d’importance dans le monde est ce qui rend le journalisme si exaltant.

Mais le travail se fait parfois au détriment du bien-être et de la santé mentale des travailleurs des médias : nos vidéastes, journalistes, rédacteurs et membres du personnel ingurgitent jour après jour les traumatismes de la population tout en composant avec les délais serrés, la pression de transmettre ses articles et reportages, les quarts de travail… sans oublier la précarité d’emploi.

J’en sais quelque chose. Après 25 ans, je porte en moi de vifs souvenirs et des cicatrices issus du stress et des événements que j’ai couverts pour décrire des meurtres, de la violence sexuelle, des crimes contre des enfants et la souffrance sans fin des victimes.

C’est avec fierté que je vous annonce le lancement d’une initiative à l’échelle de l’industrie nommée « Prendre soin de vous : un sondage sur la santé mentale, le bien-être et les traumatismes chez les journalistes canadiens ».  

Saisissez cette rare occasion de vous faire entendre. Faites entendre votre voix. Faites part de votre expérience. Le sondage recueillera des réponses pendant tout le mois de novembre.

Ce sondage est un projet de recherche unique en son genre au Canada qui vise à recueillir les commentaires anonymes de milliers de travailleurs des médias de partout au pays. Il a pour objectif de mieux comprendre la situation dans l’industrie, les défis, les mesures d’aide et les lacunes qui existent dans le soutien relatif à la santé mentale et au bien-être au travail.

Ce projet est un partenariat entre moi-même, Matthew Pearson, professeur adjoint à la School of Journalism and Communication de l’Université Carleton, et le Forum des journalistes canadiens sur la violence et le traumatisme. Il est également soutenu et approuvé par des organes d’information, l’Association canadienne des journalistes, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, plusieurs syndicats comme SCA Canada et de nombreux autres joueurs de l’industrie.

« Qu’il s’agisse de couvrir la pandémie, le racisme ou les changements climatiques, le journalisme devient chaque jour plus éprouvant émotionnellement », explique Fatima Syed, vice-présidente de l’Association canadienne des journalistes. « J’ai vu des journalistes pleurer en privé et en public. J’en ai entendu d’autres déclarer qu’ils se sentaient découragés et inutiles.

Pour aider, nous devons mieux comprendre l’ampleur des problèmes de santé mentale vécus par les membres de notre industrie. Voilà pourquoi ce sondage est si important. »

David Walmsley, rédacteur en chef du Globe and Mail, indique que « le sondage constituera un point de départ afin de mieux comprendre ce qui doit être fait pour améliorer le bien-être des journalistes. L’effet cumulatif de l’exposition à des événements d’actualité difficiles doit être reconnu et mieux compris. »

Même s’il y a une prise de conscience croissante au sujet des traumatismes et de la santé mentale, je dois malheureusement dire que l’industrie de l’information a beaucoup de difficulté à en parler. Nous n’avons pas l’expertise pour savoir comment bien soutenir les nôtres. Nous évoluons tous dans une culture qui fait passer la nouvelle en premier, qui considère la vulnérabilité comme une faiblesse et qui exige de serrer les dents pour effectuer notre travail.

Nous pouvons faire mieux. Il existe des « meilleures pratiques » demandant une amélioration de la formation, des politiques et du soutien préventif afin d’aider à solidifier nos équipes et nos travailleurs et à minimiser les préjudices psychologiques potentiels inhérents à notre profession effrénée et forte en adrénaline.

Toutefois, pour améliorer la situation, nous devons d’abord comprendre les problèmes auxquels font face nos travailleurs, qu’ils soient salariés ou pigistes, syndiqués ou gestionnaires, qu’il s’agisse de journalistes de couleur, autochtones, noirs ou membres de la communauté LGBTQ et qu’ils travaillent au privé, au public, en première ligne ou en coulisses.

Je suis reconnaissant du soutien de nos dirigeants syndicaux et de nos entreprises médiatiques qui appuient cette recherche indépendante en sachant que nous faisons face à des défis uniques, surtout compte tenu de la pandémie, de l’attention médiatique sur les séquelles laissées par les pensionnats autochtones, de la flambée de la haine envers les journalistes et de l’importante introspection relativement au racisme systémique dans notre industrie.

Prenez un moment pour vous faire entendre. Remplissez le sondage Prendre soin de vous.

(Dave Seglins a reçu un diagnostic de trouble de stress post-traumatique après avoir couvert un difficile procès pour meurtre en 2013 pour CBC/Radio-Canada. Il est maintenant à la tête de la formation et de la recherche en matière de bien-être dans l’industrie de l’information. Il est membre de la section locale 30213 de SCA Canada, la Guilde canadienne des médias.)

 

 

 

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